Huile rouge au millepertuis
Alerte:
c'est demain le 24 juin, date rituelle pour récolter le millepertuis, à midi,
heure solaire (donc 14h: heure d’été) ! J’ai fait aujourd'hui une belle récolte de sommités
fleuries de cette lumineuse plante: macérât et teinture... macèrent, car hélas, il y a
menace de pluie demain: on peut se demander si c'est vraiment l'été ???
Si ce n’est pas le cas, j’irais récolter de feuilles de
noyer, à faire également maintenant, comme pas mal d’autres plantes aux vertus
médicinales : à la Saint Jean, beaucoup sont au summum de leurs capacités.
Pour l’huile, je
rempli un pot, en tassant très légèrement puis recouvre le tout d’huile d’olive
bio. Ensuite, je laisse mes pots au soleil (et à la lune, puisque je ne les
rentre pas) pendant un mois. Passé ce temps, je filtre… et remets des fleurs
fraîches pour un mois encore : j’ai ainsi une huile d’un beau rouge
sombre, à puissante action anti-inflammatoire, utilisée avec profit par une
partie de ma famille (et moi-même…) pour soulager les articulations
douloureuses l’hiver venu.
Attention, seul l’Hypericum
perforatum, « l’herbe aux mille trous » possède cette propriété de
rendre rouge l’huile ou l’alcool (teinture) en lui transmettant ses riches
vertus antiseptiques et anti-inflammatoires, pour ne citer que celles là, car
le millepertuis aide aussi à la cicatrisation des brûlures superficielles et
petites plaies et sert pour lutter contre la dépression (avec l'aide d'un thérapeute…).
Détails pratiques
pour le reconnaître (outre vos recherches dans une flore...): le pourtour des
petites fleurs est parsemé de petits points paressant noirs : ce sont les
poches contenant l’huile essentielle. Si vous froissez une fleur entre vos doigts (et à fortiori après une récolte...),
il reste des traces brun-rouge sur la peau. Les petites feuilles vertes paraissent perforées de trous (à observer face à la lumière).
Cette plante
puissante est toutefois à utiliser avec précaution car pouvant être
photosensibilisante : il ne faut absolument pas utiliser de l’huile rouge
AVANT une exposition solaire (après, oui, et elle peut être très efficace pour
soulager les coups de soleil, qui sont des brûlures, ne l’oubliez pas…).
Vidéo Floradiane sur M6 (récoltes dans les bois et cuisine des fleurs)
Livre "Mes bonnes plantes et mes bonnes herbes" de Pierrette Nardo-Floradiane
VALERIANE OFFICINALE valeriana officinalis
Cette plante vivace haute, dépasse parfois
1m 50. C'est une majestueuse plante, son élégant feuillage est finement découpé, ses fleurs petites et
nombreuses forment un brouillard vaporeux. La floraison, blanche
ou rose, dégage une odeur agréable... d'ailleurs, elle embaume littéralement des mètres à la ronde du lieu ou elle pousse ce
qui n'est pas le cas des racines séchées pour utilisations médicinales !
Il existe de nombreuses formes de valérianes
horticoles, aux fleurs plus décoratives. La plus connue est"centranthus
ruber", aux fleurs rouges, (mais aussi blanches ou mauves) fort
populaire dans les campagnes françaises. Ses racines ont également un léger
effet sédatif, son feuillage est moins gracieux que celui, très découpé, de la
variété officinale.
A noter : Anciennement connue sous le nom de « valérianelle », la
« doucette » ou « boursette » de nos campagnes, la mâche (valerianella
olitoria syn Valerianella locusta), des maraîchers, petite salade bien
connue, est de la famille de la valériane. Elle a, en partie, hérité de l'arôme
particulier de la plante.
Semis
et plantation : On peut semer les graines de la valériane officinale au printemps,
directement en place, ou diviser des pieds importants à l’automne. Une bonne solution
consiste à se procurer des plants, aux racines drageonnantes, dans la nature pour l’officinale, près d’une
ferme abandonnée pour la centranthe.
Exposition
et sol :
La valériane officinale affectionne le plein soleil tout comme l’ombre. Plante tous terrains, sa préférence est néanmoins accordée aux
terres humides et calcaires. La centranthe, quand à elle, pousse sans problème
dans un vieux mur, avec pour seul arrosage l’eau du ciel.
Taille : Pour empêcher la montée à graines et l'envahissement de semis
spontanés, il faut couper les tiges (à la base) après floraison.
Récolte :
La récolte des racines
s'effectue à l'automne, les racines sont lavées, coupées, mises à sécher dans
des locaux chauds. Lors du séchage, qui
est assez long, les racines développent une odeur forte et particulière qui rend fous le(s) matou(x) de la
maison. Le chat, après avoir joué
un moment avec un bout de racine, finit par se coucher sur votre précieuse
récolte…
Arrosage
et engrais : La variété officinale nécessite des arrosages réguliers. A l'état sauvage, elle pousse de préférence dans des terres fraîches.
La
centranthe pousse dans la sécheresse totale : il suffit de voir les plantes
autour des fermes ou le long des murs pour en être convaincu.
Dans le temps… Rustiques (-15°), valériane ou centranthe reparaissent chaque printemps.
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Livre "Mes bonnes plantes et mes bonnes herbes" de Pierrette Nardo-Floradiane




