01 mai 2009
Poireau à deux têtes
Ah, quel
dommage !
Pour la soupe de ce
soir, j’ai puisé dans les quelques poireaux restant encore au jardin. Armée de
la fourche bêche, je soulève un groupe de quelques poireaux, puis je commence à
les nettoyer, et surprise, un gros poireau exhibe deux tiges florales !!!
Vraiment, il aurait
été superbe en fleurs ce poireau à deux têtes, hélas, je l’ai arraché, et
ne peut guère le replanter.
C’est un poireau d’hiver, de variété ancienne : Saint-Victor. Très rustique au froid, excellent, il offre de plus une touche de couleur au jardin d'hiver: ses feuilles extérieures sont violettes!

Floradiane cuisine les fleurs et plantes sauvages dans 100% mag sur M6
Livre "Mes bonnes plantes et
mes bonnes herbes"- Pierrette
Nardo-Floradiane
19 avril 2008
PANAIS Pastinaca sativa
Légume « ancien
et oublié » le panais ? Allons donc : gamine j’en ai
régulièrement mangé chez mes parents, de même que le rutabaga, les topinambours ou
les crosnes. Pourtant il ne me semble pas être une « antiquité », enfin…
c’est mon impression !
AU FIL DES SIECLES : Le panais sauvage, qui
existe sous de nombreuses formes indigènes en Europe était connu des gourmets
Gréco-romains. L’empereur Tibère (42 av. J.-C. / 37 ap. J.-C.) en raffolait et
faisait venir chaque année d’Allemagne, ce légume racine poussant à profusion
dans la vallée du Rhin. Cependant, le nom latin de pastinaca désignait autant le panais que la carotte, créant une
confusion entre les deux légumes, difficile à différencier dans les textes
anciens. Au début de notre ère, Athenaeus, grammairien et érudit Grec, estimait
qu’il s’agissait de la même plante. Galien, son contemporain, tentera de
corriger la situation en donnant à la carotte, le nom de Daucus pastinaca, mais la confusion ne sera totalement dissipée
qu’avec Linné (XIXe siècle), qui attribuera au panais un genre botanique
propre.
La culture du panais
est imposée par une ordonnance de Charlemagne. De ce fait, le panais, courant,
sera au Moyen Âge un aliment de base, abondamment consommé. Ce légume qui
figure dans quelques recettes (soupes, ragoûts…) du « Viandier » de
Taillevent est utilisé de multiples façons.
Sous le règne de Louis
XIV, Mme de Créquy dans ses « Souvenirs», nous informe que la Princesse Palatine
En Europe, le panais
continuera d’être consommé, surtout par les anglais qui en ont toujours été
friands. En France, après avoir été un peu « oublié », surtout de la
grande distribution, le panais ennoblit par quelques grands cuisiniers, retrouve
le chemin de la cuisine du quotidien.
CÔTE JARDIN : Les graines de
panais ne sont fertiles que pendant une très courte période, chaque année, il
faut donc s’en procurer des fraîches. Il est possible de produire ses propres
semences en transplantant, au printemps, quelques beaux panais de la récolte
précédente. Leur floraison et montée à graines sont spectaculaires, la plante
atteignant deux bons mètres de hauteur.
A NOTER:
Le panais peut avoir un effet photosensibilisant. Il est prudent de ne pas y
frotter les bras nus par temps ensoleillé.
Semis et plantation : Semez de mars à début
juillet. La levée, parfois capricieuse, s’effectue en 15 jours environ. Au
stade de 2 à 3 feuilles éclaircir pour conserver un plant tout les 15 à 20 cm.
Sol/Exposition : Il apprécie les sols
profonds, frais, riches en humus, avec une légère préférence pour les sols
calcaires. Comme pour la plupart des légumes racines : pas de fumures
fraîches qui occasionnent de la pourriture. Le plein soleil ou la mi-ombre lui
conviennent.
Problèmes : Le panais est peu sensible à la
mouche de la carotte (évitez cependant, comme pour les carottes, de laissez les
plants arrachés, après l’éclaircissage, a proximité de la plate-bande). Une
maladie cryptogamique spécifique : le chancre du panais (Itersohilia
pastinacae), provoque de profondes fissures et tâches noires au sommet des
racines, qui peuvent pourrir (touche surtout les semis précoces).
Récolte : Le panais est plus sucré après les
premiers gels. Il peut être conservé en terre (recouvert d’un paillis) ou en
silo.
Arrosage et engrais : Arrosez régulièrement au
début de la croissance et diminuez dès que les racines grossissent. Le panais
est une plante assez vorace mais qui peut se contenter de sols ordinaires. Le
varech (goémon), enfouit à l’automne, lui convient fort bien.
Dans le temps… Ne pas ressemer de panais au même
endroit avant 4 ans.
JARDIN NATUREL : A titre préventif contre le
chancre, faites quelques pulvérisations de purin d’ortie et/ou de décoction de
prêle. En fleur, le panais, qui peut atteindre 2 bons mètres de hauteur, attire de nombreux insectes butineurs, ainsi que les pucerons... et des oiseaux ravis de ce "garde-manger" bien garni !
Plantes compagnes : Le panais s’entend bien avec les tomates, oignons, et petit pois.
Le panais à table, recettes: Panais en salade fleurie, Poêlée de panais épicée
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Livre "Mes bonnes plantes et mes bonnes herbes" de Pierrette Nardo-Floradiane
27 février 2008
Crosne du Japon (Stachys affinis bunge)
Ce
curieux petit légume tire son nom de la commune de Crosnes (Essonne), où
il fut cultivé pour la première fois, en 1882 par Auguste Pailleux et Désiré
Bois. Dès la fin février (suivant régions...), jusqu'à fin avril (sous réserve de trouver encore de
la semence) vous pouvez planter ce délicat légume. Mettre en terre, trois
tubercules par trou, à une profondeur dune vingtaine de cm. Ces poquets seront espacés de quarante cm. Si vous en faites
plusieurs rangs, laissez une soixantaine de cm entre
chaque.
Le crosne apprécie les terres un peu fraîches et bien fumées. En
période de sécheresse, il sera nécessaire d’arroser pour obtenir une belle
récolte.
Je paille (vraie paille, ou broyats de divers végétaux), ce qui
empêche le développement des herbes non souhaitées, et en maintenant l'humidité
plus longtemps limite les arrosages. Les plantes adultes forment des touffes
d’une quarantaine de cm de hauteur et ressemblent à la menthe sauvage, sans le parfum. Désolée,
j’ai oublié de les photographier à ce stade de leur végétation…
Buttez les touffes
fin août/début septembre, c’est alors que les tubercules se développent. Ne
binez pas autour des plantes, car à ce moment là, vous abîmeriez les crosnes
qui poussent horizontalement autour du pied mère. C’est en effet le long des
racines que se forment ces rhizomes tubéreux en forme de chapelet, et de
couleur blanc nacré.
Récoltez ensuite en
fonction de… votre gourmandise, quand le feuillage se desséchera, de fin
novembre à février. Ne récolter que la quantité nécessaire pour un repas car
ces délicats et petits tubercules se déshydratent très vite et ne se conservent
que peu de temps une fois arrachés. Hors période de gel, je les arrache le
matin pour le déjeuner, voir la veille (en fin d’après midi).
Les crosnes peuvent
devenir quelques peu envahissants : lors de l'arrachage, le moindre petit
rhizome resté en terre redonnera un nouveau pied, avec beaucoup de crosnes...
Vous pouvez, à leur début de végétation, déplacer ces jeunes pieds pour les
repiquer en rang ordonné…
Les crosnes sont ensuite simplement
lavés à plusieurs eaux, leur peau très fine étant mangée. Faites cela en les laissant dans une passoire, la terre partant avec l'eau lorsque vous sortez la passoire du liquide.
Ces tubercules dont
la douce saveur rappelle celle de l'artichaut seront consommés cuits a l’eau
salée et servis avec un morceau de beurre : c’est ainsi qu’on apprécie au mieux
la finesse de leur goût. En cours d’été, j’utilise aussi une partie de leurs
feuilles, crues en salades ou cuites avec d’autres végétaux pour des terrines
de verdure.
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24 janvier 2008
PIMPRENELLE Sanguisorba minor, coté jardin
La petite pimprenelle, spontanée en Europe n’est présente
que dans les textes du Moyen âge. Utilisée en cuisine, elle semble un peu négligée
des médecins (même Sainte Hildegarde de Bingen la prescrit très peu). Cependant,
Platine de Crémone écrit d’elle en 1588 : « elle donne appétit et volupté ». Cette petite plante est
cultivée dans les potagers depuis au moins le XVIe siècle. Au XVIIIe, elle est
en bonne place dans le potager du Roi à Versailles, destinée aux salades de
Louis XIV.
Introduite en Amérique du nord au XVII' siècle par les passagers du May Flower, la
pimprenelle est couramment présente dans
les potagers jusqu'au début du XXe siècle. Ses vertus médicinales sont connues depuis longtemps, et durant la première
guerre mondiale, elle est fort utile comme antidiarrhéique (Note de H. Leclerc
en 1919 dans Union pharmaceutique).Elle peut pousser en bordure,
le long d’un potager, ou en pot, sur un petit balcon urbain. Facile à vivre, ne
vous privez pas de cette plante/condiment précieuse, surtout en hiver.
Semis et plantation : Semez en terrine au printemps, puis repiquez en espaçant de 30/40 cm. La pimprenelle se charge ensuite toute seule des semis. On peut aussi la multiplier par division d’une belle touffe, au printemps ou à, l’automne.
Sol/Exposition : La plupart des terres lui conviennent,
même calcaires. Cette plante apprécie une exposition ensoleillée et dégagée.
Problèmes :
En sol mal
drainé, la pimprenelle peut souffrir de la pourriture des racines.
Taille :
Supprimez les
fleurs avant qu’elles ne fasse des graines. Vous limiterez ainsi les semis
spontanés et stimulerez la croissance des feuilles.
Arrosage
et engrais : Redoutant l’excès d’humidité, la pimprenelle à tout de même besoin
d’arrosage réguliers, surtout en périodes de fortes chaleurs, pour garder de
tendres feuilles. L’engrais n’est pas nécessaire, mais vous lui ferez plaisir
en lui offrant un peu de compost au printemps.
Dans
le temps… Elle
craint plus les hiver humides que le froid. Très rustique, la pimprenelle
supporte des gelées à – 15° et plus.

A noter : Peu utilisée actuellement par la pharmacopée, la petite pimprenelle sera heureuse de rendre service au jardinier venant de s'égratigner ou de se couper (petites blessures) en taillant ses rosiers, car elle est hémostatique !
Voir ICI pour les utilisations de la pimprenelle en cuisine.
Vidéo
de Floradiane sur M6 dans 100% mag
Livre "Mes bonnes plantes et mes bonnes herbes"
de Pierrette Nardo-Floradiane: recettes et conseils, naturels et bio !
25 avril 2007
ARROCHE un légume "oublié", délicieux et facile !
ARROCHE Atriplex hortensis, variété cultivée surnommée Belle dame : à semer.
ARROCHE ROUGE Atriplex hortensis var. rubra : à semer
Les semis se font en place, de mars à août, à exposition ensoleillée, en lignes distantes de 50 cm. Eclaircir ensuite à 25/30 cm de distance sur le rang. (Vous utiliserez en salades les jeunes plants en surnombre.)
Ensuite, elles se ressèment assez facilement d'une année sur l'autre, et il n'y a plus qu'a récolter!
Ci-dessous, des arroches étalées... dans mon jardin !
ARROCHE ETALEE Atriplex
patula , elle
aime les sols riches, les décombres, les bords de fossés, les endroits
incultes, mais s’invite allègrement dans les jardins. Plante très courante, sauf en
montagne. Celle-ci ce récolte dans la nature, ou lors d’un désherbage du
jardin : beaucoup de plantes qualifiées de « mauvaises herbes » sont comestibles ou
ont une utilité santé et/ou beauté !!!
Très répandues et consommées au Moyen-âge, les arroches sont riches en vitamine C, en sels minéraux et contiennent un peu d’acide oxalique, comme leurs cousin l'épinard.
Vertes, blondes ou
rouges, sauvages ou cultivées, les
arroches sont des légume savoureux, et pas
du tout nouveau : c'est l'un des plus anciens légumes européens !
Jeune pied de rouge
La rouge, est aussi très
esthétique dans les massifs… et bouquets de fleurs. Il est dommage que la
cuisson lui fasse perdre sa jolie couleur : les gratins de légumes auraient été
encore embellit par sa pourpre compagnie.
Les arroches montent
vite en hauteur… et en graines, il faut donc en semer un peu chaque mois de la
belle saison afin d'échelonner la production, d'autant que leurs jeunes
feuilles sont bonnes crues en salades composées.
Côté casseroles,
outre crues, elles se consomment cuites comme les épinards, et vous pouvez donc
appliquez aux arroches les recettes des ces derniers.
Livre de Pierrette Nardo alias Floradiane


